Égalité et sciences : la place des femmes - Édition 2026
Au programme
A partir de 8h30 : accueil des participantes et participants
- 9h : ouverture par David Alis, président de l'Université de Rennes
- 9h20 : présentation de la journée par le comité scientifique
- 9h45 : Colette Guillopé, Université Paris-Est Créteil : La visibilité des femmes en sciences : les noms de 72 femmes scientifiques remarquables sur la Tour Eiffel
- 10h30 : Barbara Fontar, Université de Rennes 2 : Assignations de genre dans les pratiques vidéoludiques des adolescentes et adolescents
11h15 : pause
- 11h45 : Solenn Mabo, Université de Rennes 2 : Crever l’écran : les « fanatiques contre-révolutionnaires » dans la Révolution française
12h30 : pause déjeuner - buffet offert aux personnes présentes
- 13h45 : Hélène Gispert, Université Paris-Saclay : Le genre académique : prendre la mesure de l'avantage masculin dans les sciences
- 14h30 : Catherine Souplet, Université de Lille: Regard réflexif sur un cheminement de chercheuse en sciences de l’éducation et de la formation au sein d’écosystèmes de pratiques de recherches
15h15 : pause
- 15h45 : Sandy Montanola, Université de Rennes : Ce que nous apprennent les représentations médiatiques des sportives de haut niveau
- 16h30 : Conclusions par le comité scientifique
Détail des interventions
La visibilité des femmes en sciences : les noms de 72 femmes scientifiques remarquables sur la Tour Eiffel, Colette Guillopé, Université Paris-Est Créteil
La construction de la Tour Eiffel a été achevée en mars 1889, juste à temps pour l’inauguration de l’Exposition universelle à Paris. Gustave Eiffel avait choisi de faire inscrire sur chacun des côtés de la Tour, au 1er étage, soixante-douze noms de savants, ingénieurs et industriels ayant honoré la France entre 1789 et 1889. Aucun nom de femme n’y figure, alors que les travaux de Sophie Germain sur les mouvements élastiques des matériaux sont à la base de la construction de la Tour. Après un projet d’inscrire 40 noms au 2e étage, l’association Femmes & Sciences est finalement missionnée par la mairie de Paris et la Société d’exploitation de la Tour Eiffel pour proposer les noms de 72 femmes scientifiques remarquables qui seront inscrits au-dessus des noms des hommes. Le projet se concrétise avec la publication, mi-janvier 2026, d’un livret contenant de courts portraits de 72 femmes scientifiques. L’exposé reviendra sur l’histoire de ce projet de mise en visibilité de femmes scientifiques, ainsi que sur la situation complexe des femmes scientifiques de nos jours.
Assignations de genre dans les pratiques vidéoludiques des adolescent·es, Barbara Fontar, Université de Rennes 2
Les pratiques vidéoludiques des adolescent.e.s sont particulièrement genrées. Leur analyse montre comment le jeu vidéo participe à la construction de son genre à l’adolescence, et dans un même mouvement, comment la socialisation de genre influe sur ces pratiques. Au delà de leur différenciation, celles des filles restent largement dévalorisées.
Crever l’écran : les « fanatiques contre-révolutionnaires » dans la Révolution française, Solenn Mabo, Université de Rennes 2
Pour réfléchir à la place des femmes dans la production des sciences, et plus précisément ici dans l’écriture de l’histoire, il est plus souvent question de sortir de l’ombre celles qui ont été oubliées, marginalisées, effacées. Or, celles qui, au contraire, ont été surexposées, mises en exergue comme des archétypes, ont autant à nous dire sur ce que le genre fait aux sciences.
Dans la Révolution française, dans bien des régions et notamment en Bretagne, les actrices des événements les plus visibles dans la documentation sont celles qui résistent à la Révolution pour la défense de l’Église. Qualifiées de « fanatiques » et réprimées à ce titre, elles se trouvent sous le feu des projecteurs, tandis que d’autres attitudes féminines, jugées moins subversives de l’ordre social et politique, sont passées sous silence. Ce traitement asymétrique des mobilisations politiques féminines nourrit pour longtemps l’image de femmes sous influence, dominées par un esprit clérical et conservateur, qu’il convient de tenir à l’écart du droit de vote si l’on veut faire gagner la République. Cette étude de cas vise donc à ouvrir une réflexion sur la fabrique historique de stéréotypes de genre propres à entamer les demandes d’égalité politique des femmes.
Le genre académique : prendre la mesure de l'avantage masculin dans les sciences, Hélène Gispert, Université Paris-Saclay
Aujourd'hui encore, dans les universités européennes, les femmes sont largement discriminées. Toutes disciplines confondues, un homme a deux fois plus de chance qu'une femme d'accéder au grade de professeur. Aucune discipline n'est épargnée, le nombre et la part de femmes dans un domaine n'étant en rien une garantie contre les effets d'un avantage masculin structurel qui se manifeste dans les réalités des pratiques du métier d'universitaire comme dans les carrières.
M'attachant à une perspective critique féministe, je présenterai, à l'aide de quelques exemples, des éléments d'un état des lieux des inégalités genrées dans le monde académique et chercherai à en expliquer les causes persistantes.
Regard réflexif sur un cheminement de chercheuse en sciences de l’éducation et de la formation au sein d’écosystèmes de pratiques de recherches Catherine Souplet, Université de Lille
Cette présentation vise à mettre en évidence ce qui peut imprégner des façons d’être chercheuse, de penser, de faire de la recherche, notamment en considérant des logiques genrées. Tâchant de passer d’un vécu et de ressentis professionnels à une perspective épistémologique et politique, je mobilise une des dimensions des épistémologies féministes : partir de l’expérience des femmes pour construire des savoirs (Puig de la Bellacasa, 2003 ; Bracke, Puig de la Bellacasa, Clair, 2013 ; Mathieu, Mozziconacci, Ruault, Weil, 2020), en l’occurrence des savoirs sur le métier de chercheuse.
Ce que nous apprennent les représentations médiatiques des sportives de haut niveau, Sandy Montanola, Université de Rennes
Depuis les années 1960, les mouvements féministes dénoncent les médias comme vecteurs de représentations stéréotypées des femmes, tout en soulignant leur potentiel d’action pour les faire évoluer. Qu’en est-il dans un secteur historiquement masculin comme le sport ? Que nous disent les récits et les images médiatiques des athlètes ? Cette présentation s’appuie sur les recherches en sciences de l’information et de la communication pour comprendre les enjeux sociaux, économiques et politiques soulevés par la médiatisation des sportives. Au cœur d’un écosystème, allant du fonctionnement des médias à l’économie du sport, nous dresserons l’état des connaissances et des pratiques actuelles. A travers l’analyse des discours médiatiques, nous exposerons plusieurs mécanismes sociaux à l’image de la distinction persistance entre hommes et femmes, la hiérarchisation des performances ou encore la visibilité conditionnée à la rentabilité. Nous aborderons l’évolution des représentations et des pratiques pour mettre en évidence la façon dont, sous couvert d’un discours égalitaire, les résistances persistent sous des formes variées.
Conseil scientifique:
Loris Friés, Jules Givelet, Isabelle Moro, Brigitte Audrey Nkolo Elfie Perrudin, Marie-Françoise Roy, Nicoletta Tchou
Organisation : Joanna Robic, cheffe de projets communication, avec le soutien de l'équipe du service culturel de l'Université de Rennes.